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Comment être un voyageur responsable ?

Qui sont les touristes ?

L’été, ils sont repérables au premier coup d’œil avec leurs shorts, tongs et appareils photos en bandoulière ! "Ils", ce sont les "touristes”, ces personnes qui séjournent au moins 24 heures ailleurs que chez elles.
En vacances, principalement. En pèlerinages religieux, aussi. Ou pour raisons de santé... En 2013, ils étaient plus d’un milliard à vadrouiller ainsi d'un pays à l’autre. C’est 2 fois plus qu’en 1995 et presque 4 fois plus qu’il y a 30 ans ! Mais le tourisme a beau se développer sur toute la planète, cela reste un privilège que tout le monde ne peut pas s'offrir : plus de la moitié des globe-trotteurs vient d’Europe ; le reste d’Asie, du Pacifique et d’Amérique.

Quand le tourisme est-il apparu ?

Les hommes ont toujours couru le monde. Mais pendant très longtemps, ils se sont déplacés dans le seul but de conquérir de nouveaux territoires, de faire du commerce... C'est à la fin du 17e siècle qu'est né le tourisme tel qu'on le connaît aujourd'hui. Les jeunes aristocrates anglais partaient alors sillonner l’Europe, à la fin de leurs études, pour rencontrer des savants et enrichir leur esprit.
Cela s'appelait faire le "grand tour”, pendant six mois, un an, ou plus. L'expression a donné le mot "tourisme”. Grâce à l'amélioration des moyens de transport, l'élévation du niveau de vie et l’instauration des congés payés dans les pays développés, ce privilège s’est peu à peu étendu, au cours du 20e siècle, à des catégories de population plus modestes. On a commencé à parler de "tourisme de masse”.

À qui profite l'industrie du tourisme ?

C’est l’une des plus grosses industries au monde. À lui seul, le tourisme a généré 7000 milliards de dollars (plus de 5050 milliards d’euros) de recettes en 2013, presque un dixième des richesses mondiales.
Une partie tombe directement dans les caisses des pays d’accueil, par le biais de taxes diverses. Mais la plus large part des bénéfices revient aux grands groupes occidentaux qui ont investi dans le secteur. Parmi eux, le géant allemand TUI possède 3500 agences de voyage dans le monde, 232 hôtels, 130 avions et 10 navires de croisière. Les employés locaux, qui travaillent dans la restauration, l’hôtellerie, les transports ou l’animation, ne récupèrent, eux, qu’une toute petite part du gâteau.

Le tourisme aide-t-il les pays pauvres ?

L'Inde, la Chine, le Brésil, l'Arabie Saoudite... Nombre de pays émergents misent sur le tourisme pour accélérer leur croissance économique. Cette activité leur permet de soutenir le commerce et l'artisanat, mais aussi d'améliorer les transports et de créer des emplois. Le tableau n'est cependant pas tout rose ! Embouteillages, déchets sauvages, difficultés d'approvisionnement en eau, augmentation des prix de la nourriture et du logement... Les populations locales paient souvent cher l'arrivée des bataillons de vacanciers.

Et la planète, dans tout ça ?

Un trekkeur consomme en moyenne 4 à 5 kilos de bois de chauffage par jour. Un bateau de croisière rejette quotidiennement 120000 litres d'eaux usées dans l'océan. À force de voyager toujours plus nombreux, les ressources s'amenuisent, les sols se dégradent, les habitats naturels fragiles disparaissent, la biodiversité s'appauvrit L'île de Thilafushi, dans l'archipel des Maldives, en fait la triste expérience : avec l'explosion du nombre de visiteurs, le lagon idyllique s'est transformé en une décharge à ciel ouvert.
Un environnement propre est pourtant essentiel : aucun vacancier ne veut se balader sur une plage jonchée de détritus !

Comment voyagerons-nous demain ?

Aujourd'hui, nous sommes plus de 7 milliards d'humains sur Terre.
En 2030, nous franchirons la barre des 8 milliards ! Avec l'augmentation du niveau de vie dans les pays émergents, de plus en plus d'entre nous pourront goûter aux joies des voyages à l'étranger ! L'épuisement du pétrole et le réchauffement climatique devraient toutefois nous amener à changer nos comportements.
Pour préserver son patrimoine naturel, un pays comme le Bhoutan a déjà limité les entrées sur son territoire, en instaurant une taxe de 250 dollars par jour et par personne. Et ce n'est pas pour déplaire : beaucoup de touristes plébiscitent désormais des expériences uniques, authentiques et sur-mesure.

Un tourisme durable est-il possible ?

Le 3 juin, on célèbre la Journée mondiale pour un tourisme responsable. Il s'agit de respecter les coutumes des hommes et des femmes qui vivent sur place... et de leur faire profiter de l’argent dépensé.
Le tout, sans gaspiller leurs ressources naturelles et en valorisant leur patrimoine. 88 % des voyageurs français se disent prêts à agir pour l'environnement, et 56 % à payer plus cher pour une destination écologique. Alors, allons-y !